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Bébé serait-il trop stimulé?

par Nicole Malenfant

Naturellement curieux et à «fleurs de peau», un bébé en santé absorbe nombre de stimulations autant celles de son environnement que ses propres sensations. Avec l’âge, il saura mieux filtrer la panoplie de stimuli émergents, mais durant ses deux premières années de vie, il a besoin d’un coup de pouce notamment de la part de ses parents pour éviter une surcharge sensorielle.

 

«J’en ai assez», exprime-t-il.

Un nourrisson qui pleure sans raison apparente, qu’on tente de calmer par des paroles, de la musique, des hochets, des distractions de toutes sortes, un bébé qui continue à s’agiter malgré nos tentatives de le calmer est probablement épuisé par trop de stimulations. Le tout-petit a besoin de beaucoup moins de stimulation qu’on ne le croirait. Des périodes de calme voire de silence à divers moments de la journée, la présence d’adultes détendus lui sont plus que bénéfiques pour bien se développer.

Une question de dosage

À peine arrivé au monde, tous les efforts sont investis pour lui apprendre à tenir sa tête, à faire son premier sourire intentionnel, à faire bye-bye de la main, à reconnaître son prénom. Il se voit offrir des jouets dit «éducatifs» ou des petits livres qui visent à l’initier à l’alphabet ou aux chiffres. On le stimule à parler, à marcher, à socialiser et même à être heureux. On lui fait entendre de la musique de Mozart pour «booster» son intelligence, on lui parle sans cesse pour favoriser ses facultés langagières et on le met en contact très tôt avec des émissions de télé conçues pour lui. Attention! Pour ne pas verser dans l’excès, il y a un certain dosage et des étapes à respecter. À deux mois, à un an ou à trois ans, les besoins et les capacités de l’enfant diffèrent grandement. Il ne sert à rien de s’acharner à lui montrer à lacer ses chaussures à 3 ans alors qu’il sera prêt à l’apprendre aisément à 4½-5 ans. Jusqu’à 2 ans, la priorité pour les parents est d’assurer à leur petit les bases d’un attachement sécurisant et son besoin d’explorer le monde à sa manière.

Oui aux petits jeux des timulation, mais pas trop

Dans les premiers de la vie, la communication s’établit à partir de la stimulation des sens. On chatouille bébé C’est la petite bête qui monte, qui monte… On lui parle avec des intonations chantantes, on attire son regard par des objets aux couleurs vives, on le monte dans les airs, on sollicite son attention en l’appelant par son prénom, on joue à cache-cache, on tente de le faire rire. Tout est nouveau pour lui et on s’émerveille de le voir si intéressé. Toutefois, ces sensations peuvent vite devenir stressantes si on lui en présente en trop grande quantité, trop longtemps ou au mauvais moment. Il faut savoir cesser les jeux dès les premiers signes de fatigue et lui réserver des moments paisibles au fil de la journée.

Trop d’excitations finissent par affecter le système nerveux du tout-petit, qui est encore immature. Laissez les bruits et les conversations de la vie courante créer son environnement sonore. Limitez radio, télévision et diffusion de musique de longue durée. Vous craignez qu’il s’ennuie? Détrompez-vous. Le bébé a tant à découvrir dans ce monde où il vient d’arriver. De plus, évitez trop de jouets en même temps. Quelques-uns suffisent à la fois et il faut s’assurer de les changer régulièrement tout en laissant au bébé ceux qu’il préfère. Attention à la surabondance qui peut s’apparenter à surconsommation.

De bonnes habitudes de sommeil

Même s’il n’est jamais trop tard pour inculquer de bonnes habitudes de sommeil à son bébé, il est préférable de commencer avant l’âge de six mois. Pour ce faire, adoptez une routine de sommeil. Couchez le bébé dès les premiers signes d’endormissement : il bâille, détourne son regard de son interlocuteur, pleurniche, se frotte les yeux. Installez un petit rituel de mise au lit d’environ 10 minutes avec des repères fixes : câlins, chanson et «bonne nuit». Et surtout, déposez bébé dans son lit avant qu’il s’endorme. S’il se réveille, il pourra alors se rendormir comme il s’est endormi.

L’accompagner dans ses pleurs

Malgré la satisfaction de ses besoins de base - manger, boire, dormir, être pris -,

Il est normal que bébé pleure puisqu’il ne peut pas dire «J’en ai assez, j’ai besoin de calme». Au lieu de chercher à faire cesser ses pleurs à tout prix, pourquoi ne pas l’autoriser à s’exprimer ainsi. La vague finira par passer encore plus si vous demeurerez décontracté et disponible à lui. Pleurer l’aide à relâcher ses tensions. Le bébé tout comme l’adulte vit inévitablement du stress. Réconfortez-le par votre présence rassurante sans chercher à le distraire. Une épaule accueillante, des bras chaleureux, une voix posée, mais non omniprésente, une promenade au grand air, aident à rétablir l’humeur de chacun.

Cultiver son calme personnel

Cette petite personne en devenir qu’est le bébé nous force à évaluer nos habitudes de vie. Bien sûr que le petit a besoin d’amour et de stimulation, mais il a aussi besoin de calme. Ainsi, on permet aux milliards de neurones de son cerveau de continuer à se connecter. La conciliation travail-famille apporte son lot de stress. Pas évident d’être zen avec un horaire bien rempli par le cycle du métro-boulot-marmot. Néanmoins, des moyens peuvent aider à souffler un peu : pensez régulièrement à respirer lentement, établissez vos priorités d’heure en heure et concentrez-vous sur une seule chose à la fois. Le bien-être de votre bébé passe aussi par votre capacité à vous relaxer.

Bien sûr qu’il faut aussi le stimuler

Ne nous y trompons pas. La stimulation est essentielle au bébé. Contrairement à la surstimulation, elle éveille l’enfant, préserve son sens de l’émerveillement en plus de favoriser son exploration libre. Entre l’excès et le manque de stimulations, visez le juste milieu sans oublier que la plupart des stimulations arrivent au bébé tout naturellement sans que nous les provoquions. Votre petit saura vous signifier lorsqu’il en aura assez. Décoder les besoins de son bébé s’apprend. Faites-vous confiance. Personne ne connaît mieux votre bébé que ses parents. N’est-ce pas stimulant de jouer ce précieux rôle dans la vie de son petit trésor?

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