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De l’observation à l’action

par Nicole Malenfant

C’est bien connu, les enfants changent constamment. Rien n’est vraiment acquis ni prévisible surtout quand on veille, non pas sur un ou deux enfants, mais sur huit petits mousses, comme le fait Josiane, éducatrice en CPE. Les enfants dont elle s’occupe changent à vue d’œil: un nouveau mot, un nouvel intérêt, un nouveau comportement qui apparaît, une habileté naissante, une difficulté de plus en plus apparente.

Avec les nombreuses responsabilités qui incombent à Josiane, il lui est impossible de garder en mémoire tout ce qu’elle remarque dans le feu de l’action sans compter la quantité impressionnante d’informations qu’elle doit retenir et transmettre à la bonne personne. Il vint un temps où, dépassée par la tâche, Josiane s’est sentie prête à amorcer une démarche afin d’accroître son efficacité au travail et ainsi diminuer son stress. Suite à la lecture d’un texte dans lequel elle a appris que la prise de notes pouvait lui venir en aide, elle a décidé de se mettre au travail. Pas le temps de prendre des notes ?

Pour se remémorer l’essentiel, nul besoin d’écrire un roman ou d’entrer dans les détails. Josiane peut simplement indiquer des mots significatifs dans un style télégraphique. Par exemple, elle inscrit dans son agenda de travail les informations suivantes : 2/10 M. parle de chien mort XXXX. Idem = 3/10. Ce qui signifie pour elle que Marianne à quatre reprises, le 2 octobre, a parlé de son chien qui s’est fait frapper la veille, et qu’elle en reparle le lendemain. En relisant ses notes, Josiane pensera inévitablement à tenir compte de ce fait significatif dans ses interventions et les activités qui concernent Marianne.

Voici quelques conseils pratiques pour vous aider à faire de l’observation un acte pédagogique au quotidien.

1) Que ce soit dans un petit carnet de notes, un journal de bord, un cahier d’observations ou sur une tablette de feuilles au mur, choisissez un outil adapté à vos besoins dans lequel vous noterez, dès que possible, les observations les plus significatives : remarque d’un enfant, comportement, effort, idée qui vous vient à l’esprit, etc.

2) Utilisez une écriture simple avec des phrases abrégées, des mots clés, des pictogrammes ou des symboles pour chaque enfant.

3) Assurez-vous de garder votre outil à portée de la main, crayon y compris, dans lequel vous prendrez l’habitude d’écrire tous les jours.

4) Bien qu’il n’y ait pas de temps idéal pour noter ses observations, il existe toutefois des moments qui s’y prêtent davantage comme pendant la sieste des enfants ou lors des jeux ou ateliers libres.

Au début de l’exercice, Josiane avait l’impression que la notation de ses observations s’ajoutait à sa charge de travail déjà considérable. Elle fut alors tentée d’abandonner sa nouvelle façon de faire pour s’en tenir à une observation plus spontanée. Mais, vite, elle a pu constater que plus elle s’y exerçait, meilleure elle devenait et qu’elle y gagnait en efficacité d’une manière ou d’une autre. Et quelle satisfaction de voir les enfants profiter des résultats positifs découlant de ses efforts ! Josiane sait maintenant qu’une situation non résolue, qu’un besoin non comblé chez un enfant ou qu’un comportement non analysé, lui demandent davantage de temps et d’énergie que la prise de notes, qui la guide dans ses interventions mieux que tout autre moyen. Par la même occasion, elle a remédié à ses trous de mémoire.

Choisir de bons outils d’observation

Puisqu’elle doit écrire les faits et les comportements dès que possible pour éviter de les oublier, Josiane utilise un agenda qu’elle garde à portée de la main. Il s’agit d’un agenda spécialisé – L’INCONTOURNABLE DE L’ÉDUCATRICE D’AUJOURD’HUI -conçu de manière à consigner facilement ses observations tant sur chacun des enfants que sur le groupe. Cet outil lui permet également d’écrire les informations importantes et de faire le suivi avec les personnes concernées. Avec, en plus, l’opportunité de tracer les grandes lignes de la planification d’activités à partir de ses observations.

Pour mieux appliquer le programme éducatif

Pour respecter le programme éducatif du Ministère dont le principe Chaque enfant est un être unique, Josiane s’efforce de suivre les enfants chacun dans leur développement. Elle y arrive tellement mieux depuis qu’elle fait de l’observation systématique. En effet, en prenant des notes régulièrement, Josiane constate que Kweena s’adonne de plus en plus aux activités coopératives, que tous les enfants de son groupe ont de la difficulté à enfiler leur manteau, que Michaël, le cadet, imite de plus en plus les plus vieux dans le rangement, que Vittorio demeure isolé lors des jeux libres malgré les invitations des pairs, que Marguerite pleure moins longtemps le matin lorsque sa mère quitte rapidement le service de garde. De cette façon, Josiane cerne mieux les besoins de ses petits mousses sur les plans physique et moteur, social, affectif, cognitif et langagier, ce qui l’amène à préparer des activités et des interventions qui serviront mieux les goûts, les forces et les défis de chaque enfant.

Riches en informations personnalisées, les observations écrites de Josiane l’aident à réaliser sa planification pédagogique davantage que les sites Internet, les anciennes préparations et les activités prêtes à utiliser. Et quel plaisir de travailler ainsi ! Et plus encore, cette façon de faire la satisfait de plus en plus. Josiane réussira-t-elle maintenant à convaincre ses collègues de l’importance de noter leurs observations pour mieux relever le défi de la qualité éducative en tant que professionnelle en petite enfance ?

Au-delà des chiffres : des actions

« Les éducatrices prennent peu de notes relativement à leurs observations et n’y donnent pas suite ». Voilà l’une des lacunes relevées dans les résultats de l’enquête Grandir en qualité menée au Québec, en 2003, dans 905 groupes d’enfants en services de garde. À cet égard, le taux d’insatisfaction s’élève à 41 % pour les poupons des garderies privées alors qu’il est de 51 % pour les enfants de 18 mois à 5 ans. Quoi qu’on en dise, il s’agit d’une responsabilité fondamentale pour toute éducatrice en CPE et en garderie et aussi pour les gestionnaires, que d’assurer des services éducatifs de grande qualité. Et l’observation formelle demeure une condition essentielle pour relever ce défi.


De bonnes raisons de noter ses observations au quotidien

  • Être plus attentif.
  • Être plus objectif.
  • Se doter d’une seconde mémoire.
  • S’attarder à chacun des enfants sans exception.
  • Suivre l’évolution de chaque enfant : forces, difficultés, intérêts, etc.
  • Mieux saisir la dynamique de groupe.
  • Orienter les commentaires faits aux parents.
  • Enrichir les discussions avec les intervenants extérieurs, la conseillère pédagogique, etc.
  • Assurer le suivi entre les éducatrices du même groupe (les remplaçantes ou les éducatrices de rotation).
  • Valider son intuition.
  • Éclairer les prises de décision.
  • Intervenir de manière réfléchie.
  • S’attarder à chacune des activités de la journée : activités extérieures, routines, départ de l’enfant en fin de journée, jeux libres, etc.
  • Identifier les causes possibles d’une difficulté ou d’un problème.
  • Faciliter la planification des interventions et des activités.
  • Garder des traces de ce qui marque le déroulement des journées.
  • Se préparer à rencontrer les parents ou les spécialistes : éducateur spécialisé, orthophoniste, etc.
  • Démontrer plus de crédibilité comme professionnel de la petite enfance.
  • Permet de travailler dans le même sens que les orientations du programme éducatif.
  • Réduire le stress.
  • Assurer le développement continu des compétences professionnelles.

 

 

Observer, c’est bien. Noter ses observations, c’est mieux!

Et faire sa planification à partir de ses observations, c’est extra!

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